La nouvelle formule du BAC donne une place importante au numérique en introduisant dans le tronc commun des Premières et des Terminales des « humanités numériques et scientifiques » et une option « Numériques et Sciences informatiques ». C’est un excellente nouvelle, preuve que les choses vont dans le bon sens.

Dans cet interview accordé au magazine Challenge, le secrétaire d’état au numérique Mounir Mahjoubi explique les raisons de cette introduction massive du numérique au lycée. Un passage a toutefois attiré notre attention :

 » On observe chez certains jeunes une naïveté face aux écrans et aux services numériques. Résultat, ils subissent l’offre des grandes plateformes. Si, quand je veux faire une recherche, je pense qu’il n’existe que Google, où quand je veux communiquer avec ma famille, je ne connais que Facebook, je suis finalement captif. C’est une perte de liberté énorme. Le plus grand danger de cette naïveté numérique c’est, au bout du compte, que les gens n’aient accès qu’à l’information ou la technologue que parce qu’on leur présente, sans esprit critique. « 

Ceci fait écho à de nombreuses voix qui s’élèvent ces dernières semaines contre le duopole que Google et Facebook ont réussi à créer sur Internet (lire par exemple le N°74 de Society). Nous nous en inquiétions le mois dernier dans cet article sur le blog TANu : L’inclusion numérique, Google et Facebook en font leur affaire.

Il y a là, semble-t-il, une vraie contradiction. D’un côté on s’inquiète de la soit-disant naïveté numérique de nos enfants vis à vis de ces puissantes plateformes, de l’autre on laisse ces dernières former, ou formater, adultes et professionnels à une culture numérique forcément biaisée.

Messieurs les décideurs, il y a un peu de cohérence à mettre dans un chantier si important. C’est déjà bien de l’avoir ouvert mais espérons que les dispositifs d’inclusion numérique qui seront annoncés durant le premier semestre 2018 seront à la hauteur de l’enjeu de notre cyber indépendance…. Pour les personnes aujourd’hui éloignées du numérique mais aussi, et surtout, pour les professionnels