L’inclusion numérique, Google et Facebook en font leur affaire…

Ce n’est pas nouveau, des entreprises comme Google et Facebook sont de formidables machines hyper réactives et hyper efficaces… bien plus que les mastodontes version « ancien monde ». Une nouvelle preuve vient d’en être apportée hier.

Depuis plusieurs mois, le gouvernement Français explique que sa priorité en matière de numérique est l’inclusion numérique, former l’ensemble des français, et plus particulièrement ceux les plus éloignés du numérique aujourd’hui, afin de faciliter la transformation numérique de l’état. Louable projet pour lequel on sait que le premier semestre 2018 sera décisif avec l’annonce d’un dispositif couvrant le territoire.

Google et Facebook ont bien compris ça. Le 22 janvier 2018 se tenait à Versailles le sommet #Choosefrance, une sorte de hacking de Davos organisé par le président Emmanuel Macron qui a profité de la venue en Europe des plus grands dirigeants d’entreprise de la planète pour en détourner 140 afin de leur démontrer la nouvelle attractivité de la France. Rien à dire, opération réussie et encourageante. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que les invités ont joué le jeu à grand renfort d’annonces d’investissements et d’embauches dans l’hexagone. De la belle communication mais aussi de beaux résultats, rien à dire encore une fois.

C’est là que nos amis mastodontes du numérique Google et Facebook interviennent. Eux aussi y sont allé de leurs annonces d’investissements et d’embauches en particulier dans l’intelligence artificielle, et si les chiffres annoncés ne sont pas de nature à permettre à la France de venir concurrencer la Chine, où comme le précisait Laurence Parisot hier au soir sur un plateau télé « c’est là bas que ça passe et pas ailleurs », ces investissements constituent tout de même des sommes non négligeables qu’il ne faut pas dénigrer.

Mais Facebook et Google ne se sont pas arrêtés là. Ainsi Facebook a annoncé un partenariat avec Pôle Emploi pour former 50000 demandeurs d’emplois au digital pendant que Google annonçait ouvrir 4 Ateliers numérique, lieux physiques dans lesquels particuliers et entreprises pourront venir se former au numérique. De quoi ravir Mounir Mahjoubi, ces annonces tombant à point nommer.

Mais il est bien regrettable que ce ne soient pas des acteurs français qui s’emparent de ce sujet, ça sera surement le cas dans quelques mois, car on est en droit de se demander si laisser aux GAFAs le soin de former les Français au numérique est une bonne chose.

Ne connaissant pas les contenus qui seront proposés je me trompe peut-être, mais il y a peu de chance qu’un des thèmes abordé dans les Ateliers Numériques de Google soit « Rechercher sur le web avec Qwant » ou « Créer son site marchand avec Woo commerce » ou que Facebook explique aux demandeurs d’emplois comment trouver des annonces sur Le Bon Coin. A ce sujet, si on imagine assez facilement l’intérêt que pourrait avoir Google, qui propose une batterie incroyable d’outils digitaux de toutes sortes, à former un public pour le rendre captif (même si cela reste à prouver tant l’impact sur le business est nul), il est difficile d’imaginer pourquoi Facebook, qui reste un formidable aspirateur à données et à attention, a décidé de former des demandeurs d’emplois. Ce n’est pas, me semble-t-il, du fait de l’enjeu économique que représente son job board… Qui sait, il y a peut-être une véritable charité chrétienne derrière tout cela.

Ce n’est pas un problème que Google et Facebook, viennent s’immiscer dans la formation au numérique, du fait de leur impact sur le sujet ils sont même plutôt légitimes pour cela. Ce qui pourrait devenir un problème, c’est que des populations aujourd’hui un peu éloignées du digital développent une vision un peu trop partielle des usages numériques.

On parle beaucoup de souveraineté numérique, il me semble que celle-ci passe aussi par une population cultivée sur le sujet, apte à prendre des décisions en toute connaissance de cause quant à ses usages et aux outils qu’elle choisit d’utiliser.

On verra bien ce que l’avenir nous réserve, plus il y aura d’acteurs pour permettre aux Français d’améliorer leur culture générale numérique et ainsi faire progresser leur score TANu, mieux ce sera. A condition bien entendu qu’une certaine impartialité et exhaustivité soit assurées au travers des contenus diffusés…

TANu, un outil d’inclusion numérique

Avec le test et l’Ecole, TANu est un formidable outil d’inclusion numérique, même s’il n’a pas été créé pour cela. Le test de culture digitale se veut exhaustif et à ce titre permet d’aborder un grand nombre de thèmes sans considération commerciale, juste avec le soucis d’entretenir la curiosité, de permettre une prise de conscience. L’Ecole recense un grand nombre de ressources permettant d’entretenir sa culture générale numérique.

Chez TANu, nous aurions adorer offrir un accès à la plateforme à tous les français. Mais nous n’avons pas encore les moyens de Google et Facebook pour nous permettre cela, un jour peut-être.

En attendant, si quelques acteurs pensent qu’il en va également de leur mission de permettre aux français de se former au numérique, qu’ils nous appellent ! Vous l’avez compris, nous avons quelques idées sur le sujet.

 

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1 réponse

  1. 29 janvier 2018

    […] bien entendu il ne s’agit pas dans cet article de diaboliser Amazon et la technologie, je n’ai pas envie de me mettre tous les GAFAs à dos […]

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