Une étude menée par l’Institut de Gestion Sociale émanant de sa Chaire Intelligence RH et RSE parut en septembre 2017 fait état de l’utilisation des réseaux sociaux d’entreprise (RSE). L’étude compile les résultats de 1206 répondants dont 32% appartiennent à des entreprises de plus 5000 salariés.

La mise en place de RSE au sein des organisations est censée fluidifier le partage d’informations et de ressources, faciliter les prises de décisions au sein des équipes et l’émergence de nouveaux comportements collaboratifs. D’après cette étude, ils sont susceptibles de « contribuer au développement de l’agilité des organisations et lutter contre la bureaucratie ».

En théorie, les RSE servent à décloisonner, et à faire interagir les salariés, permettant ainsi à de grandes structures de glisser vers  une entreprise agile et horizontale au sein de laquelle la bienveillance des uns, alliée à un mode de travail collaboratif, permettent l’émergence du talent des autres.

Cependant l’usage des RSE par les salariés demeure timide. D’après cette étude, seuls 25% des managers les utilisent. Ce taux chute encore chez les collaborateurs de moindre niveau hiérarchique.

Que se passe-t-il ?

  • « Aujourd’hui, deux entreprises sur trois prennent le virage du digital. »*
  • « En 2016, le digital et l’IT ont été les deux grands postes d’investissement privilégiés des PDG. »*
  • « Le nombre d’entreprises qui s’engageront dans des projets de transformation digitale avancée est appelé à doubler à l’horizon 2020. »*

Ainsi, semble-t-il, les dirigeants ont pris la mesure des changements qui s’annoncent.

Mais dans les faits tout dépend de ce que l’on appelle « transformation numérique ».

Dans quoi sont investis ces fonds ?

  • « D’ici 2020, pas moins de 30 milliards de terminaux seront connectés à Internet »*
  • « Le digital générera 58 % des ventes de la grande distribution d’ici 2020″*

Reprenons : la technologie et les usages évoluent à 100 à l’heure, le monde du travail reste très dur même si les entreprises essayent d’être plus lean qu’avant. Mais les salariés sont finalement la dernière des préoccupations lorsqu’il s’agit de transformation numérique, loin derrière la technologie et les investissements marketing et e-commerce. Nous faisions déjà état d’une situation similaire en ce qui concerne un tout autre domaine d’activité que sont les Offices de Tourisme : le salarié ne se sent pas accompagné dans cette transformation numérique.

Les recettes d’un échec : ne pas mettre l’humain au cœur de la transformation numérique

Finalement, si la transformation numérique se résumait à des investissements matériels, les grandes entreprises n’auraient pas trop de soucis à se faire.

Or le problème, comme dans tout grand chamboulement, est davantage d’ordre mental que matériel. La transformation numérique en entreprise comme ailleurs se construit avec les humains et pour les humains qui ont leurs réticences, leurs craintes, leurs centres d’intérêts…

Dans des organisations pyramidales, et même dans leurs sous-unités moins hiérarchisées, les RSE font naître des craintes : d’une part sur la quantité et de la qualité des informations accessibles, les entreprises croulant déjà sous la masse de l’information et leur possibles contradictions, et d’autre part sur l’exposition des salariés sur des sujets qui risqueraient de leur être reproché tel que la loyauté envers leur manager, ou encore la crainte du jugement et de la surveillance.

Ainsi, finalement, seuls 17 % des salariés sont convaincus de l’utilité des RSE et les utilisent activement, quand 6% les utilisent à des fins plutôt politiques et stratégiques.  Les autres étant soit réfractaires (29%)  soit passifs (48%).

Efficacité perçue des RSE versus Légitimité. Source : « Pourquoi les réseaux sociaux d’entreprise peinent encore à développer des comportements collaboratifs » IGS-RH, 2017

Ainsi nous pouvons répondre : les RSE ne marcheront pas…

…tant que les salariés ne seront pas convaincus et rassurés

Il y a deux grandes conclusions à tirer de cette étude :

  • D’une part, la restructuration d’une organisation ne peut dépendre entièrement de l’utilisation d’un logiciel. Les entreprises qui cherchent à se moderniser et à devenir agiles doivent avant tout convaincre leurs salariés que la technologie ne se retournera pas contre-eux, et que leurs erreurs pourront être oubliées. Un « Droit à l’oubli »  intra-entreprise en quelque sorte…
  • D’autre part, l’expérience de toute nouvelle technologie dans un contexte professionnel, aussi ergonomique soit-elle, s’accompagne de craintes. Ces craintes se portent sur le maniement des outils mais aussi sur l’impact de ces outil dans le processus de travail de chacun.

Ainsi il semble qu’une grande pédagogie soit nécessaire en amont de toute introduction technologique dans un environnement de travail. Il existe des outils divers et variés dont le but est de sensibiliser et de faire prendre conscience de la transformation profonde du monde du travail à cause du numérique.

La Plateforme de Culture Numérique TANu est un de ces outils, et nous vous invitons à le tester 🙂

* Livre Blanc, Riverbed Technology, 2017,  « Pourquoi la gestion de l’expérience digitale passe par une visibilité totale du réseau. »